Artisan
La Réunion
Artisan de la Plaine des Palmistes Originaire de La Plaine des Palmistes, Martial Rochetaing est héritier d’un savoir-faire transmis de génération en génération : le tressage du chèvrefeuille (Lonicera japonica). Ses parents et ses grands-parents travaillaient déjà cette plante introduite avant 1825, utilisée autrefois pour fabriquer des paniers destinés aux épices. Depuis l’enfance, il voit pourtant les paysages de sa commune se transformer, colonisés peu à peu par des espèces végétales envahissantes, notamment le califon (Strobilanthès hamiltonianus), favorisé par les plantations de cryptomérias.
De cette observation est née une double vocation : préserver les paysages et maintenir vivant un patrimoine artisanal. Martial s’engage dans la réduction des pestes végétales à travers une pratique concrète : leur transformation par l’artisanat. Il travaille principalement le tressage, utilisant le chèvrefeuille lorsqu’il est disponible — une ressource devenue rare et difficile à récolter — mais aussi d’autres espèces envahissantes, parfois compostées, parfois recyclées en objets.
Sa pratique est étroitement liée au terrain. Martial collabore avec l’ONF, notamment à travers des autorisations de prélèvement dans le parc, et a longtemps fait partie de l’association Palmiplainois de protection de la faune et de la flore. Il développe également des objets symboliques, comme des coupes réalisées pour des événements sportifs, à l’image de celle du Raid Palmiplainois, et nourrit le projet de créer un jour une coupe pour le Grand Raid, conçue à partir de végétaux présents sur le parcours.
Pour Martial, l’objectif n’est pas commercial. Ce qui l’importe avant tout, c’est la transmission. Il organise des ateliers, accueille des woofers, anime des temps de création collective et aimerait former des formateurs afin de diffuser ces savoir-faire dans toute l’île.
Aujourd’hui, il cherche surtout à gagner en visibilité pour faire rayonner un artisanat qu’il défend autant comme geste culturel que comme acte écologique. Tresser, pour lui, c’est déjà résister.