Artiste
Île Maurice
Shirin Gunny
La pratique artistique de Shirin Gunny s’ancre dans le végétal. Elle crée des assemblages botaniques éphémères à partir de matières végétales trouvées à Maurice et en fixe la trace par la photographie. Son travail invite à ralentir, à regarder autrement le vivant ordinaire qui nous entoure et à reconnaître ce qui fait la singularité de nos territoires.
Née à Maurice, Shirin Gunny a vécu entre son île natale, Montréal et la Chine. Ce parcours entre plusieurs cultures a nourri son regard. C’est en Chine qu’elle développe un premier travail de création dans l’univers du bijou et de la parure, dont la minutie et le sens de la composition se retrouvent aujourd’hui dans ses assemblages végétaux. Revenue à Maurice, elle fait de la nature le cœur de son expression artistique.
Sa démarche de création est intuitive, guidée par le rythme des saisons et la matière disponible. Sans plan préconçu, l’artiste compose avec ce que la nature lui offre au moment présent. Fougères, mousses, lianes, fruits séchés, bois d’ébène, tambalacoque et autres éléments souvent ignorés deviennent, entre ses mains, des compositions éphémères qui révèlent la beauté discrète du végétal et la mémoire sensible d’un lieu.
La transformation est au cœur de son travail. Les matières qu’elle assemble sont vivantes, fragiles, déjà en train de changer. Quelques heures suffisent pour que les feuilles se replient, que les fleurs se fanent, que l’œuvre bascule vers une autre forme, à l’image de la nature elle-même, dont la beauté tient aussi à sa fragilité. La photographie fixe alors cet instant de justesse, ce moment où la composition tient encore dans son équilibre. Elle garde la mémoire d’une œuvre vouée à disparaître et rappelle, dans le même mouvement, la fragilité du vivant.
Ses œuvres portent en elles une attention au vivant qui est aussi un geste de protection et de mémoire. Elles ont notamment été présentées à Porlwi by Nature et au Samudra Art Prize. Shirin Gunny a également été distinguée par l’Arte Laguna Prize, qui lui a valu une résidence d’artiste à New York avec Residency Unlimited. Sa démarche s’inscrit pleinement dans l’esprit de La Route des plantes, Le chant des forêts : inviter à regarder autrement, relier des paysages et transmettre une mémoire vivante entre les territoires de l’océan Indien.










