Île Maurice
Shakti Callikan
Historienne et sociologue de formation, Shakti Callikan développe une pratique artistique qui relie étroitement exploration du territoire mauricien, recherche historique et expérimentation avec des matériaux naturels qu’elle récolte elle-même. Son travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière dont les paysages, les matières et les couleurs participent à construire notre relation à un territoire.
Dans son atelier à Poudre d’Or, village côtier du nord de Maurice, les pigments naissent directement des matières du territoire : écorces, fleurs, terres, charbon, ou roches. Elle développe une approche où la couleur devient un moyen d’explorer les liens entre nature, histoire et mémoire collective.
Passionnée par la richesse du patrimoine culturel mauricien, elle co-fonde en 2015 my Moris, première entreprise de tourisme culturel de l’île. Cette initiative s’inscrit déjà dans sa volonté de rendre visibles les récits, les lieux et les héritages qui composent l’histoire plurielle de Maurice. En 2020, elle publie Mots Kouler, un livre-objet dans lequel elle crée une palette de soixante-cinq couleurs mauriciennes tout en s’interrogeant sur les imaginaires culturels que ces couleurs révèlent. Trois ans plus tard, son projet Terres Marronnes la mène à travers l’île pour récolter et expérimenter les textures et les teintes des terres volcaniques. À travers ces explorations, la couleur devient un fil narratif qui relie paysages, histoire et identités.
Son travail se situe ainsi à la croisée de l’art, de l’artisanat et de la recherche. Afin de mieux comprendre les matières qu’elle transforme, elle collabore avec des botanistes, des géologues, des historiens, ou encore des archéologues, enrichissant son approche par des échanges scientifiques qui approfondissent sa lecture du territoire.
Parallèlement à son travail personnel, elle s’investit dans la transmission et la création de dynamiques collectives. En 2023, elle lance à Maurice le festival Krea’terre, dédié aux pratiques liées à la terre. Les premières éditions ont rassemblé des céramistes locaux autour de l’exploration de la terre mauricienne avant de s’ouvrir progressivement à d’autres médiums artistiques. Ateliers et conversations y créent un espace de partage autour des savoir-faire, des matériaux et des liens entre création, histoire et territoire.































